« Quand vous écrivez, vous voulez vous débarrasser du monde, n’est-ce pas ? Bien sûr que oui. Lorsque vous écrivez, vous créez vos propres mondes.»
Stephen King (Écriture) |
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| c'est écrit et c'est
Signé
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| 2e année
Septembre 2026
N° 3 |
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 | Ernest devient Signé Le titre de ma lettre change. Tout simplement pour ne pas créer de confusion avec le site Ernest Mag. J'avais choisi Ernest parce que c'est mon deuxième prénom et que l'écho à Hemingway me plaisait bien, en toute immodestie. Le design va évaluer aussi, ce qui répond bien à mon goût du changement. La fréquence sera encore bien irrégulière, je le crains. Comme ça, je ne vous embête pas trop. J’espère que cela vous convient. |
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|  | Retraite d'écriture À la fin du mois d'août, je suis parti quelques jours dans le Perche pour une retraite d’écriture dans le domaine du Tertre, la maison de Roger Martin du Gard. Auteur des Thibault, notamment, il recevait chez lui ses amis, André Gide, Albert Camus, Louis Jouvet venant trouver ici la quiétude propre à leur besoin de sérénité pour écrire.
Nous étions six venus avec la même ambition : progresser sur le chemin de nos récits. Défi gagné. Nos journées étaient entièrement consacrées à l’écriture. Isolés dans nos chambres ou autour de la table commune de l'Atelier, nous avons poursuivi la construction de nos ouvrages et partagé chaque fin d’après-midi notre « chantier » du jour, recevant alors les commentaires de notre mentor et de nos co-résidents. Le regard de chacun nous a ouvert des voies que nous n'avions pas osé ou soupçonné et chaque récit a gagné en robustesse.
En tous les cas, ce fut le cas pour moi. Je suis arrivé avec quelques bribes que j'ai réussi à transformer en un vrai projet de roman (voir ci-après). |
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 | La Mesure du temps Mon quatrième roman est en cours d'écriture (et que j'ai donc travaillé en résidence, comme évoqué plus haut). Le titre est provisoire. Adele, 25 ans, arrive dans les années 90 à Villers-le-Lac, à la limite de la frontière suisse, au cœur de cette région du Haut-Doubs qu'on appelle le Pays Horloger. Américaine récemment débarquée, elle veut que Simon, maître horloger, lui apprenne son métier. Pourquoi le choisit-elle, lui ? Pourquoi veut-elle apprendre son métier ?
Photo Orkhan Musaysurev sur Unsplash
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|  | Différé ? J'en avais parlé l'an dernier : je faisais des recherches sur l'apnée sportive. « Je m'intéresse à cette discipline, à ses interactions avec la méditation et le yoga. J'ai pris contact avec des sportifs de haut niveau pour éviter d'écrire des inepties.
Mais si vous pensez que je vais réécrire Le Grand Bleu, vous faites fausse route ! »
Le projet devrait bien voir le jour, dans quelques mois. À suivre ! Photo Prashant Gautam sur Unsplash |
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 | Actualités La rentrée littéraire 2026 Elle compte 461 romans publiés entre août et octobre (contre 484 en 2025) : la production de romans français reste stable à 344 titres, tandis que les traductions reculent à 117 contre 140 l'an dernier, une tendance de baisse observée depuis une décennie. Les tirages sont aussi plus modestes, à l'image du tirage initial revu pour le nouveau roman d'Amélie Nothomb. Deux thématiques dominantes se dégagent : Filiation et emprise familiale — c'est le fil rouge le plus cité. La rentrée creuse l'intime et la filiation : l'emprise maternelle et les enfances saccagées traversent une large part des œuvres. Le réel, les crises et l'engagement — deuxième grande veine. Une saison politique, attentive aux violences, aux mémoires et aux fractures contemporaines.
Prix littéraires Prix Goncourt 2026 : première sélection de 16 romans dévoilée (Boris Bergmann, Anne Godard, Yannick Haenel, Philippe Jaenada, Thélyson Orélien, entre autres). Prix Renaudot 2026 (année du centenaire, jury présidé par Frédéric Beigbeder) : première sélection de 17 romans (dont Thélyson Orélien et Boris Bergman) et 9 essais dévoilée à Drouant. Prix Femina 2026 : première sélection de 33 romans (17 français, 16 étrangers traduits) ; proclamation prévue le 4 novembre 2026. Prix Médicis 2026 : première sélection de 35 livres (18 romans français, dont encore Thélyson Orélien, Anne Godard et Boris Bergman, 17 étrangers) ; aucun titre Gallimard côté français cette année ; jury présidé par Pascale Roze ; lauréat proclamé le 2 novembre 2026.
C'est dommage que tous les prix se focalisent sur les mêmes auteurs.
Et pendant ce temps, les auteurs auto-édités restent invisibles.
Sources : France Info, La lettre du libraire, Actualitté, Bibliosurf Photo J. Balla sur Unsplash |
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 | Pour me connaître, je vous offre cet extrait d'un roman, écrit il y a quelques années, et que je ne publierai sans doute jamais. Illuminations
[...] Terry, devenu guitariste des NY Gals, m'avait larguée une semaine après notre arrivée à New York. Il ne pouvait pas s'afficher avec une fille, en plus mère d'un petit garçon, pour sa nouvelle image. Je ne lui en avais pas voulu. Simplement, je me retrouvais dans la panade la plus totale, avec un salaire de misère pour nous nourrir tous les deux, John et moi, et payer quelqu'un pour le garder quand j'allais travailler. Une sorte de spirale infernale qui me minait. J'avais commencé à laisser certains clients du restaurant me raccompagner à la fin de mon service pour arrondir les fins de semaines. C'est comme ça que j'ai rencontré Charlie Swarts. Il était gentil, pas trop exigeant. J'avais juste à m’allonger. Il était revenu plusieurs fois durant son séjour qu'il faisait pour un congrès ou quelque chose dans ce genre-là, un truc qui durait quand même deux semaines. Puis il était reparti pour le Kansas. Le dernier soir, il m'avait dit : « Je vais revenir te chercher, Cat. » Je n'y avais pas prêté attention. Mais deux semaines plus tard, il était arrivé au restaurant avec un bouquet de fleurs pour me déclamer en français, avec un accent déplorable : « Catherine Blanchet, j'ai l'honneur de vous demander votre main. » J'avais ri, très gênée. Je l'avais attrapé par un bras pour l'entraîner à l'écart. En l’installant à une table, je lui avais demandé ce qu'il voulait manger. Comme il ne répondait pas, j’avais noté sur mon bloc sa commande habituelle, un cheeseburger, des potatoes, une tarte au chocolat et un café. Tout ce que je déteste. Charlie Swarts mesurait presque deux mètres, avait des mains comme des battoirs et des yeux d'un bleu très intense : il avait dû être très bel homme, pour qui aime les géants. Ses cheveux bruns coupés très courts et son nez cassé marquait son visage épais. Son costume lui allait mal. Je l’avais fixé, me demandant si j'avais bien entendu ce que j'avais entendu. Il m’avait tendu à nouveau ses fleurs. Une colère noire s’était emparée de moi, j’avais proféré des reproches à voix basse. Je ne me voyais pas mariée à un « péquenot » (en français) du Middle-West, et, qui plus est, un vieux. J'avais vingt-deux ans ! Lui quarante-deux, me répondit-il. « Alors, vous voyez bien que ce n'est pas possible. — J'ai une maison, un jardin, assez d'argent pour trois, insista-t-il, et je peux payer les meilleures écoles pour John. » |
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| Il n'avait rien oublié des quelques confidences que j'avais pu lui faire, lors de quelques minutes de répit près de son grand corps soulevé par sa respiration rapide. Je lui avais proposé « un dernier moment » pour que nous nous quittions bons amis. Il avait refusé et affirmé qu'il ne partagerait plus qu'un lit conjugal avec moi. J'étais abasourdie. Je pensais à John. J’avais alors promis d'y réfléchir. Il était revenu le lendemain. Sa voiture attendait en bas de chez moi. John était dans mes bras. Bref, devant tant d'insistance, et mon avenir pas très bien engagé, j’avais fini par dire oui. Un mois plus tard, nous nous sommes mariés. C'était le 29 août 1966. Ce jour-là, les Beatles ont donné leur dernier concert, au Candlestick Park de San-Francisco. Ils l'avaient annoncé. J'ai pleuré. Tout le monde a pensé que c'était d'émotion. Moi aussi, j'ai voulu y croire : c'est normal, le jour de son mariage. Charlie Swarts ne m'avait pas touchée pendant tout cet intervalle, tenant sa promesse. Je lui en étais reconnaissante, et je me suis montrée généreuse, le soir de notre mariage, même si je simulais comme je l’ai fait ensuite pendant nos treize années de vie de couple. Lui m’a dit qu'il n'avait jamais éprouvé autant de plaisir avec sa première femme, que j'étais incroyable, qu'il ne savait pas que l'on pouvait en faire autant dans un lit, qu'il avait même conscience de pêcher et que c'était délicieux. Ses compliments ne m’ont pas laissé de marbre, et je me suis attachée à ce qu'il ne se plaigne jamais, sur ce terrain-là. C'était ma part du contrat, ai-je estimé. La sienne a été d'assurer à John une vie équilibrée, la, satisfaction de ses besoins, et même un peu de superflu. Charlie Swarts s’est montré un père exemplaire, à la fois tendre et ferme. Il a enseigné à John le sens du respect, mais aussi celui de la tolérance. J’ai un peu contrecarré un peu son éducation, avec mon laisser-aller, mes joints, et mon goût de la provocation, dans cette petite banlieue paisible, à l'Ouest de Kansas City. L'année suivant notre mariage, John est allé à l'école. Le jour de sa première rentrée scolaire a été aussi mon premier jour de travail. Nous avions eu une longue discussion avec Charlie Swarts qui m'avait imaginée rester à la maison et lui préparer ses repas. Je l'avais très mal pris et lui avais demandé en quoi cela était différent de ma vie à NYC. Je lui servais ses repas, puis, quand la vaisselle était terminée, je m'allongeais sur le lit et il faisait son affaire. Ça a été notre première vraie dispute. J'ai tapé très fort. Il a plié. Le Grand Theater, à Kansas City, côté Missouri, une salle qui avait ouvert récemment, où l'on servait à manger, avec une scène pour des concerts de rock et de blues, cherchait une serveuse. J’ai retrouvé ici presque l'ambiance du London musical que j'avais tant aimé et détesté à la fois. Mes plus grandes passions, mes plus grandes douleurs, restées là-bas, ressurgissaient avec finalement plus de bonheur que d'angoisse. Je redevins rapidement adolescente, Charlie Swarts me devint insupportable. Ralph Major, le propriétaire des lieux, connaissait énormément de monde, et même des têtes d’affiche américaines se produisaient chez lui. Il a quand même été épaté par mon carnet d'adresses londonien. Je gardais pour moi le détail de mes relations avec les uns et les autres. Mais je lui ai donné accès à mes contacts, et cela a été fructueux. Un instant, il a caressé l'espoir que les Beatles remontent sur scène chez lui.
Vous pouvez retrouver cet extrait dans les pages Récits, sur mon site.Photo Grun Grass sur Unsplash | |
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➡️Après deux ans d'enseignement aux apprenants de première année de l'atelier d'écriture créative de l'UIAD (Université Inter-Âges du Dauphiné), à Grenoble, j'ai décidé de passer la main. Pas tout à fait cependant, car je poursuis un cours, démarré l'an dernier, pour enseigner à mettre en forme un manuscrit pour l'auto-édition. Cette fois, c'est un cours technique, dont la première partie traite d'orthotypographie et la seconde, la mise en forme du manuscrit pour le publier sur les plateformes comme Amazon, Bookelis ou The Book Edition (format, pages liminaires et annexes, mentions légales, etc.)
➡️ Les Petits Piments, trois ans déjà ! Notre groupe poursuit son activité et nous nous retrouvons toujours une fois par mois pour une journée de relecture commune. Durant les quatre semaines qui précèdent, nous avons instauré un système de binômes tournants et nous affinons nos récits respectifs avant de les soumettre au groupe. |
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| ➡️Les Écrivains du lundi poursuit sa construction. Destiné à promouvoir nos ouvrages auto-édités, en garantissant un bon niveau de qualité, pour devenir attractifs pour les libraires, ce Lab de l'UIAD propose la création d'un label, et parmi les outils que nous testons, nous portons attention à l'intelligence artificielle.
➡️Rien à voir, mais vous le savez si vous me suivez, je suis dans l'équipe qui organise chaque année le Startup Weekend Grenoble. Cette année, nous fêtons la 15e édition de notre évènement qui vise à développer l'envie d'entreprendre, par un programme immersif : en 54 heures, passez de l'idée à la startup. J'ai d'autres chats à fouetterDans mon roman Arbres, je mets dans la bouche d'un de mes personnages l'expression désuète « avoir d'autres chats à fouetter » : bien que très discutée, l'origine de cette expression remonte à XVIIe siècle et sa signification originelle serait plutôt trivial, car chat ferait référence au sexe féminin et fouetter aurait signifié fourrer. Voilà, c'est dit. |
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| Publié en 2024 | Légère sur la détente | €14,50 | |
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| | Publié en 2022 | L'harmonie et l'invention | €9,50 | |
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| | Publié en 2024 | Arbres
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| Serge CourtJ'écris des romans |
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