
Je vais, moi aussi, vous parler d’IA.
Sans attendre une possible candidature au Goncourt.
Moi, j’utilise l’IA : pour me documenter, pour m’établir des glossaires techniques de métier ou d’univers que je ne connais pas, pour une alpha-lecture de mes chantiers, pour le signalement des fautes et une analyse qui me rappelle la route que je me suis tracée.
Bien entendu, l’IA n’écrit pas pour moi. Elle ne me dicte rien. Pas un mot, pas une phrase, pas une construction. Elle sait où est la limite. Elle sait qu’elle ne doit pas la transgresser.
Au maximum de son implication, elle dit parfois que telle phrase relève du cliché trop facile ou telle autre d’un guide touristique, et conclue en disant : je te laisse décider.
Et ça me va : je ne corrige pas toujours ces phrases trop faciles car j’ai le droit de les aimer.
Pourquoi je ne lui laisse pas l’initiative d’écrire à ma place ?
Tout bonnement (cette expression ! pas une IA ne l’oserait), parce que cela ne m’intéresse pas. Parce que ce qui m’intéresse, c’est d’imaginer des histoires et inventer une manière de les raconter. Je ne veux pas écrire un livre parfait, avec des arcs narratifs irréprochables. Vraiment, cela ne m’intéresse pas : ce qui me procure vraiment du plaisir, c’est de batailler sur les mots et les phrases, revenir sur les paragraphes pour les déplacer, les chapitres pour les chambouler. La réécriture, c’est mon moment préféré. Pourquoi irais-je confier cela à une machine ?
Mon roman Arbres, paru en juin 2026, est un roman dans lequel on se perd, et écrire ces errances m’a procuré un plaisir inédit : voilà pourquoi je ne laisserai pas ces belles heures à une intelligence artificielle.
J’ai passé tous mes romans au détecteur Pangram (on ne sait jamais) : tous ont été diagnostiqués 100% humain. Je lui ai aussi demandé si j’avais plagié certains ouvrages : a priori, j’aurais emprunté « Cela ne se pouvait pas » à Céline dans Voyage au bout de la nuit, mais aussi : « Non, pas du tout » à Claude Simon, et « Je ne sais pas » à un tuto intitulé Comment installer un radiateur à eau chaude de A à Z, sur Youtube. Je dois être prudent dans le choix de mes expressions.
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